Recouvrir sa céramique ou la démolir ? Les chiffres réels
La question qu'on reçoit le plus souvent, et la réponse dépend moins du prix au pied carré que de ce qu'il y a sous vos tuiles.
Presque tous les appels commencent de la même façon : « J'ai de la céramique des années 1990 dans la salle de bain, je la déteste, mais je n'ai pas envie de vivre trois semaines dans la poussière. » C'est exactement la situation pour laquelle le micro-ciment existe. Mais ce n'est pas toujours la bonne réponse, et il vaut mieux le savoir avant de payer une soumission.
Ce que coûte réellement une démolition
Le prix de la céramique elle-même est la petite partie de la facture. Arracher un plancher de tuiles dans une salle de bain de 60 pi², c'est : la démolition, la location d'un conteneur, la réparation du sous-plancher qu'on découvre en dessous, un nouveau membrane, la pose, le coulis, puis les retouches de peinture et de plinthes que la démolition a abîmées. Au Québec, une réfection complète de salle de bain en céramique tourne autour de 22 à 32 $ du pied carré une fois tout additionné, et prend deux à trois semaines pendant lesquelles la pièce est inutilisable.
Il y a aussi le coût qu'on ne met jamais dans une soumission : le sous-plancher. Personne ne sait dans quel état il est avant que les tuiles soient parties. Dans un plex montréalais construit avant 1930, c'est le poste qui fait déraper les budgets — et une fois la démolition commencée, vous n'avez plus le choix de payer.
Ce que fait le micro-ciment à la place
On laisse la céramique en place et on l'utilise comme support. La tuile est dégraissée, les joints sont remplis, un primaire d'accrochage est appliqué, puis deux couches de base et deux couches de finition de micro-ciment, chacune poncée. Total : 2 à 3 mm d'épaisseur ajoutée. C'est assez mince pour que les portes, les plinthes et les transitions restent exactement où elles sont.
- Planchers16 $/pi²
- Murs20 $/pi²
- Douches30 $/pi²
- Plafonds28 $/pi²
- Comptoirs150 $/pi lin.
- Escaliers200 $/marche
Le chantier dure trois à quatre jours pour une salle de bain, dont deux où la pièce est hors service. Pas de conteneur dans l'entrée, pas de démolition, pas de surprise dans le sous-plancher — parce qu'on n'y touche jamais.
Les cas où il faut démolir quand même
On refuse des projets pour ces raisons, et il vaut mieux le dire publiquement que de le découvrir sur place :
- Des tuiles qui sonnent creux sur une grande portion du plancher. Si le carrelage est décollé du support, le micro-ciment se décolle avec lui. Quelques tuiles isolées se recollent avant les travaux ; la moitié du plancher, non.
- Une fuite active ou une membrane défaillante dans une douche. Le micro-ciment est un revêtement, pas une étanchéité. Il faut régler la source avant, autrement on scelle le problème à l'intérieur.
- De l'humidité qui remonte par une dalle de sous-sol sans pare-vapeur. On teste avant d'appliquer ; si la dalle transmet de l'humidité, il faut une barrière, sinon le revêtement finit par cloquer.
- Un plancher de bois qui fléchit visiblement. Le micro-ciment est souple, mais pas élastique. Un plancher qui bouge sous le pas doit d'abord être raidi.
- Une envie de changer la disposition de la pièce. Si le bain déménage, la démolition arrive de toute façon — autant en profiter.
Comment décider en deux minutes
Tapez sur vos tuiles avec le manche d'un tournevis, en plusieurs endroits. Un son plein et mat, c'est bien collé. Un son creux qui résonne, c'est décollé. Si l'ensemble sonne plein, que la douche ne fuit pas et que la disposition vous convient, le recouvrement est presque toujours le meilleur calcul. Sinon, appelez-nous quand même : on le dira franchement, et un « non » gratuit vaut mieux qu'un chantier raté.